Cela fait bien longtemps que je n'ai rien écrit ici... je ne sais même pas ce que j'ai envie d'écrire. Je sais juste que je veux briser une peur.

J'ai fini mon école l'année dernière et, maintenant que l'heure est à la professionnalisation, je n'ose plus bloguer. J'ai peur de nuire à mon "image" si je continue à blablater comme j'avais l'habitude de le faire avant. Comme si j'avais une "image" d'ailleurs en y repensant. C'est un peu présomptueux de penser cela certes mais bon, vous voyez ce que je veux dire. Se griller sur Internet...En plus avant, j'avais un pseudo... Mais me griller auprès de qui au juste? Je ne suis pas vraiment partie pour être employée en CDD/CCI où que ce soit.

 

 

Je pense que je vais donner des nouvelles de mon année post-école d'art. Cela en inspirera peut-être certaines ou au contraire les convaincra de choisir une autre orientation selon. Après mon école, j'ai continué à habiter dans mon appart à Paris. J'ai appris à installer une routine de travail et rien que ça, ça m'a pris du temps. Ne plus avoir aucun rendez-vous fixe, c'est quand même une autre paire de manche.

Il faut apprendre à ne pas se lever à midi. Apprendre à équilibrer une vie sociale à peu près saine quand on se rend compte que la vie d'illustrateur, c'est une vie de grosse solitaire. Apprendre à affirmer ses propres avis sur son travail sans demander l'avis des profs. Apprendre à trouver de nouvelles sources d'inspiration toute seule. 

Et puis ça ne s'arrête pas là. Il y a aussi toute la partie business/compta à apprendre. Les factures, les devis, le système fiscal, les réseaux sociaux, etc. Je ne peux pas dire que je sois encore au point quant à ma capacité de trouver des commandes mais ça viendra aussi.

En fait je n'arrive pas à me résoudre à mettre en ligne un portfolio potable. Le truc, c'est que j'ai des images réalisées à l'école à montrer mais elles sont loin de ce que je fais maintenant et j'aurais peur qu'il y ai un malentendu entre moi et mes commanditaires s'ils s'attendent à ce que je fasse le style que j'avais il y a deux ans. Je vois déjà les yeux de mon père/ de mes profs/ de tous ceux qui trouvent que le manque de confiance en soi est un défaut rouler dans leurs orbites. Mais bref, comme vous voyez tout ceci prend un peu de temps en soi. 

 

 

En attendant, je regarde autour de moi. Et je vois que je ne suis pas la seule à galérer. Quelque part, c'est méchant à dire mais ça me rassure. C'est ce qui fait que je ne m'alarme pas tant que cela. Je vois mes potes ou des gens de ma générations se réunir dans des cafés, des concerts pour parler de cet âge compliqué qu'est la sortie des études. Entre le chômage, l'agreg', l'ennuie des boulots qu'on aime pas, et les cdd à gogo, on est encore loin du style de vie des séries américaines.

La survie pour l'instant, c'est déjà ça et on peut s'espérer chanceuse si on est entouré de gens qu'on aime et qui nous aiment en retour. 

Pour ma part, je suis plutôt bien lotie. Je m'entends bien avec mes parents en ce moment, j'ai un copain très gentil qui m'encourage bien et des potes qui pensent à moi quand ils font un bar (même si je fais ma grosse ermite par moment). Mais il faut préciser qu'après sept mois passée en free-lance à Paris, j'ai décidé d'aller chez ma mère (dans ma maison d'enfance) pour l'été. Faire des allées-retours Paris-banlieue ne m'a jamais vraiment branchée.

 

 

Alors vous allez me dire, dans quelle mesure, est-ce la honte de revenir chez ses parents après l'école ? Je ne sais pas. Mais le fait est que, vue que je travaille de chez moi et qu'à Paris je n'ai qu'une chambre de 10m2, je suis devenue un peu claustrophobique, ces derniers temps. Certes j'avais trouvé un atelier que je reprendrais peut-être à la rentrée. Mais je stressais trop.

Et puis je suis partie ensuite au Japon pendant deux semaines avec mon copain et des potes en mai. Ce voyage m'a vraiment aidée à relativiser. Et m'a totalement mise à sec aussi. Or (bon là, je raconte vraiiiment ma vie...) si je veux voir des gens à la capital, il faut que d'une façon ou d'une autre, je paye quelque chose (personne dans mes contact n'ayant la place pour faire des soirées chez soi). Et là, ça devient un cercle vicieux. Pas d'argent, pas de sortie, claustro dans ma chambre, je stresse, je ne travaille pas, je ne trouve pas d'argent. Bref, ce que je découvre surtout cette année, c'est qu'être adulte c'est savoir hiérarchiser ses priorités. On ne peut pas tout avoir dès le début, je suppose. 

 

 

Heureusement que près de ma maison d'enfance, il y a, oh suprême délice, des champs où je peux me balader. Ca guérit tout. Toute cette place, cette verdure !! Et la maison est grande. Je fais une tâche pendant trois heures dans cette pièce puis une autre, trois heures dans une autre. C'est agréable. En fin de journée, je vais me balader.  Et ce, sans portable (je l'ai oublié à Tokyo). Je me sens alors tellement libre, mais liiibre ! 

Ca m'émeut rien que d'y penser. J'aimerais avoir 10 ans, pas de portable, pas d'ambition et me contenter de lire des bouquins toute la journée. Je voudrais disparaître de l'œil de Google et de toutes ces putains de pub et notifications. J'aimerais être en vacances. N'être personne et que personne n'attende rien de moi...

 

Bref je vais m'arrêter là. J'ai bien envie de parler du Japon et des influences esthétiques que j'ai découvertes là-bas mais ce sera pour un autre jour. Passez une bonne journée et à bientôt sans doute.

 

Emma

Ps: et vous, vous galérez ? Vous voulez vous plaindre que c'était mieux avant, même si on sait toutes qu'on avait déjà plein de problèmes existentielles à 12 ans ? Faites-le en commentaires, si cela vous en dit.

Crédits images: Cover. Uta Barth,1. Unknown, 2.  Nan Goldin, 3. Sempé, 4. Quentin Blake

Un Rêve de tranquillité
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