Un peu de paix…

Que vais-je faire de ma vie ? Je ne crois plus au dessin. Mes potes ont une vision, quelque chose qui les pousse et les force, quelque chose qui exige d’eux qu’ils s’améliorent. Mais moi, je n’ai aucune ambition. Je dessine comme j’ai toujours dessiné. Parce que cela me fait plaisir, parce que je m’ennuie. Parce que je suis triste et que je veux oublier ou parce que je suis heureuse et que je veux encrer cette sensation pour toujours dans le papier.

Je me pose devant un feuille, je trace quelques traits. Mais si c’est raté, cela me frustre et j’abandonne très vite. Je n’ai pas la force de m’acharner. De même, si c’est bien, je me demande comment j’ai fait, je recommence, et puis je rate. Tant pis.

Si j’ai la possibilité de faire autre chose, lire, voir des amis, regarder des films, je ne vais pas m’atarder de toute façon. Dessiner, c’est ce que je fais quand les cours durent trop longtemps, quand ma mère est en retard ou quand je veux laisser ma trace dans le monde et me prouver à moi-même que j’existe. C’est juste mégalo comme activité. Et me prendre pour Dieu ne me motive pas non plus assez pour créer des « oeuvres » de plusieurs pages.

Mais ce n’est pas vrai, tout cela. Je me souviens avoir dit plusieurs fois, à une amie, à quel point j’étais heureuse lorsque je travaillais. Que ce passe-t-il alors? Voilà, je sais, je n’ai pas de vision. Je ne sais pas vers quoi tendre graphiquement. Il y avait bien un auteur qui m’inspirait mais je m’en suis lassée. Et je n’en trouve pas d’autres.

Et puis j’ai l’impression d’avoir trop de choses à faire en même temps, et que chaque devoir nécessite un temps fou. Cela me tétanise. Je ne veux pas présenter des choses dont je ne serais pas satisfaite. Encore une fois trop d’ego sans doute. Mes dessins, c’est moi. Et si c’est nul, je me sens nulle.

Bon aller, il faut que je respire. Mes dessins ne sont pas à mon image. Ce n’est pas grave d’en faire trois mille de ratés pour trois de réussis. De toute façon, c’est la norme en créativité.

Alors là n’est pas le problème. Where is the fucking problem then?? Je sais que, pour bien faire les choses, il faut que cela m’amuse d’une façon ou d’une autre. Et sous pression, comme ça, pour des évals où tout le monde va me juger et me traiter de feignasse, cela ne m’amuse pas du tout. Mais alors absolument pas. Cela me donne juste envie d’envoyer de gros « allez vous faire mettre et laissez-moi tranquille ».

Pourquoi est-on à ce point dans une société de tests, d’évaluations, de jury. N’y-a-t-il pas d’autre moyen ? Pourquoi y a-t-il des gens qui s’attendent à ce que je produise quoique ce soit d’ailleurs? Est-ce vraiment inconcevable de ne rien faire, de n’être lié à rien, de ne pas travailler ? Oui, sans doute.

Et bien je ne veux pas travailler. Je ne veux pas ! Pourquoi personne ne m’a dit qu’un jour, le monde changerait pour moi. Que je ne ferai jamais partie des nobles et des rentiers mais du peuple et des pauvres qui ne pensent qu’à survivre. Je ne veux pas faire que survivre et je ne veux pas gâcher mon temps à bâcler des choses, à rendre des papiers à l’heure et conformes aux attentes.

Et détrompez-vous si vous pensez que je préfère ne rien faire. Je ne fais jamais RIEN. Quand on n’attend rien de moi, je m’ennuie tellement que je fais la masse de truc et je le fais bien.

***

Sur ce, je vais quand même essayer de rendre quelque chose pour mes évals. Après tout, c’est du dessin quand même. Faut pas charrier. Je devrais quand même trouver la capacité d’allier devoir et divertissement…

Allez, bonne soirée à tous 🙂

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